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Institut Raymond-Dewar

Centre de réadaptation spécialisé
en surdité et en communication

 

 

Youtube

Découvrez comment la réadaptation est essentielle et ajoute du mieux-être à la vie !
(Par choix cette vidéo ne contient pas de son pour faire place au silence).

Profil

Historique

Héritier de plus de 150 ans d'expertise, l'Institut Raymond-Dewar doit son émergence à l'Institution des Sourds de Montréal, fondée par les Clercs de Saint-Viateur en 1848, et à l'Institution des Sourdes-Muettes, fondée en 1851 par les Sœurs de la Providence. Ces deux communautés religieuses figurent comme précurseurs parmi les institutions québécoises francophones à desservir les personnes ayant une déficience physique.

Pendant plus d'un siècle, ces établissements ont accueilli des milliers de sourds dans des écoles résidentielles spéciales et des ateliers de travail adapté, notamment ceux de l'imprimerie, de la ferblanterie et de la coordonnerie, qui ont marqué le Québec de cette époque. Grâce au regroupement ainsi favorisé des jeunes sourds, la langue des signes québécoise (LSQ) prend son essor. Un héritage gestuel fondamental pour les personnes sourdes au Québec qui développent ainsi une langue de communication et augmentent leurs capacités d'apprendre.

Progressivement, des services sociaux spécialisés s'instaurent, des centres de loisirs et communautaires, des colonies de vacances et diverses sociétés se créent par les personnes sourdes et les religieux afin de faciliter le développement de l'autonomie et la participation sociale des jeunes et des adultes sourds.

Les années 1970 et la mouvance progressive de l'époque entraînent des changements importants pour l'Institution des Sourdes-Muettes, qui transfère ses activités à la Commission scolaire de Montréal. Pour sa part, l'Institution des Sourds de Montréal se transforme en centre d'accueil public rattaché au ministère des Affaires sociales, l'actuel ministère de la Santé et des Services sociaux.

À partir de 1975, la surdité est clairement définie comme une déficience physique, et l'Institution des Sourds de Montréal doit se positionner comme centre de réadaptation en déficience physique ouvert à une clientèle de tous âges, hommes et femmes.

C'est sur cette voie de transformation que, le 26 octobre 1984, l'Institution des Sourds de Montréal prend le nom d'Institut Raymond-Dewar, du nom d'un jeune leader sourd qui a joué un rôle capital dans la prise en main des personnes sourdes par elles-mêmes.

Raymond Dewar est né en 1952 à Vankleek-Hill, en Ontario. En 1961, il est victime d'un accident qui provoque une méningite entraînant la perte de son audition. Il fait ses études à l'Institution des Sourds de Montréal (ISM). En 1974, il obtient son diplôme d'études collégiales en sciences humaines au Cégep Bois-de-Boulogne. En 1975, il commence sa carrière comme enseignant à l'ISM tout en poursuivant des études universitaires. Il obtient, à l'UQÀM en 1978, son baccalauréat en éducation en enfance inadaptée.

Raymond Dewar

Leader d'opinion, il se dévoue corps et âme pour faire connaître aux entendants le monde des Sourds (l'utilisation du « S » majuscule désigne ici l'appartenance culturelle) et pour faire reconnaître les droits et intérêts des siens. Très actif dans le milieu de la surdité, il participe, à titre de porte-parole, à la conférence socioéconomique sur l'intégration de la personne handicapée organisée, en décembre 1981, par le gouvernement du Québec. C'est alors qu'il s'adresse en langue des signes au ministre présent ainsi qu'au grand public, un geste politique marquant pour la communauté sourde au Québec.

Fier de sa langue, il publie, en collaboration avec Julie-Élaine Roy et Paul Bourcier, le premier dictionnaire de langue des signes québécoise (LSQ). En 1982, il adapte en LSQ la pièce « Les enfants du silence », dans laquelle il joue en collaboration avec les membres du Théâtre du Trident de Québec. C'est à la veille de la grande première montréalaise, le 27 octobre 1983, qu'il meurt accidentellement chez lui, à Dollard-des-Ormeaux.

« Désormais, nous avons cessé de nous laisser modeler. Nous sommes sourds et avons pris conscience de notre différence. Nous sommes nous-mêmes. Oui, nous avons cessé de faire semblant d’entendre. » (Raymond Dewar, 1983)

L'Institut Raymond-Dewar est fier d’honorer sa mémoire.